Château Richeux
<<
>>
En 1984, Jane a mis Mathilde au monde et nous avons décroché une première étoile au Michelin. Quatre ans plus tard, nous en recevions une deuxième juste après avoir accueilli notre deuxième enfant, Hugo. Des américains et des japonais faisaient le voyage jusqu’à Cancale pour goûter ma cuisine, on les logeait dans la maison des Rimains que Jane avait aménagé en chambres qu’elle avait décorées comme si ça avait été les siennes. En 1991, Les Rimains ne suffisaient plus à accueillir tous ceux qui voulaient y loger. Non loin, un château venait d’être mis en vente. 
Je vois château Richeux comme un double de celui des Verrières où m’emmenait mon grand-père 
J’avais toujours vu ce château de Richeux comme le cousin de celui des Verrières où m’emmenait mon grand-père. Gamin, j’allais avec les copains jouer dans le jardin à l’abandon. A Richeux nous avons aménagé 11 chambres et 2 appartements et nous avons ouvert un second restaurant, le Coquillage. J’avais envie d’une cuisine plus simple, plus conviviale, et aussi plus abordable. J’avais gagné en sensibilité et ma création s’était libérée. C’est à cette époque que j’ai j’inventé le homard breton au cacao beurre salé et vin de Xérès.
Avec ce second restaurant, le Coquillage, j’avais envie d’une cuisine plus simple, plus conviviale, et aussi plus abordable.
La troisième étoile du restaurant de Bricourt est arrivée tard, en 2006. J’ai coutume de dire que la seule étoile qui compte, c’est la Polaire ! Mais c’était important parce que je finissais par me poser des questions. Fondamentalement, ça n’a rien changé au fonctionnement de Bricourt, en fait j’ai réduit le nombre de couverts. Le rythme était infernal et les séquelles de mon agression me faisaient souffrir. Ma mère m’a fait promettre de ne pas continuer trop longtemps. J’ai promis. Elle s’est éteinte dans son sommeil quelques semaines après, par un joli matin de juin après avoir arrosé ses orangers. J’ai été pris d’une frénésie de voyages : Vietnam, île de La Réunion, Brésil, Inde… et mes plats comme mes mélanges d’épices racontaient  mon ressenti de marin breton qui, de retour à la maison, exprime son émerveillement.  
La seule étoile qui compte, c’est l'étoile Polaire !
Afficher le menu